Un Vietnamien et un Américain unis pour la bonne cause

UN REPORTAGE PHOTO DE CHRSTIAN BRUN AU VIETNAM - MEDIA DE REFERENCE : 24HEURES - LE COURRIER, Publié dans Christian Brun, Vietnam

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Chuck Searcy entra dans les renseignements de l’armée américaine à Saigon en 1967. Il fut immédiatement choqué par l'arrogance de ses concitoyens envers les Vietnamiens. Puis, accédant aux dossiers classifiés, il se dit témoin du double jeu de son commandement. En deux mois d'observations, il juge cette guerre injuste. De retour au Vietnam 1992 il met toute son énergie, d’abord au service des victimes de l’agent orange, puis pour la localisation et la destruction d’explosifs. Il fonde RENEW (Restoring the Environment and Neutralizing the Effects of War) qu'il remet en mains vietnamiennes. RENEW est principalement financée par des dons internationaux, gouvernementaux et privés.

Les munitions tombées sur le Vietnam (et touchant le Laos et le Cambodge) durant la guerre avec les Etats Unis correspondent à deux fois celles utilisées durant les deux guerres mondiales. Chuck Searcy estime qu’il est illusoire d’éliminer toutes ces bombes et toutes ces mines. Mais qu’en y mettant les moyens, le Vietnam pourrait redevenir ``sécuritaire`` dans 5 ou 10 ans.

RENEW fonctionne très efficacement dans la région de Quang Tri, la plus truffée de mines et de bombes du Vietnam. Entre une demie heure et une heure après l'appel d'un habitant, l'équipe enlève l'explosif et le détruit.


Phung Tuu Boi rencontre Chuck Searcy

Pour Chuck Searcy, déminer ne suffit pas, Il faut aussi que les victimes puissent subvenir à leurs besoins
Le projet RENEW développe aussi des moyens de subsistance comme les cultures de champignons comestibles qu’elle offre aux victimes d'explosions.

M. Hoang Muong victime de l'explosion d'une mine, déclenchée en labourant son champ, s'occupe de ses cultures de champignons offertes par RENEW.

M. Boi s'intéresse beaucoup aux cultures fongiques de RENEW initiées par Chuck Searcy; Il espère importer le projet à la Vallée d'A Luoi. Toujours curieux et inventif, le botaniste aimerait faire d'une pierre deux coups : d'une part générer un revenu aux victimes et d'autre part assainir les sols car le substrat restant après la récolte des champignons contient des enzymes. Ces dernières digèreraient la dioxine. Selon Chuck Searcy plusieurs scientifiques étudient aujourd'hui cette possibilité.